La buée

12 février 2016

Premières gelées
Au lointain, les cloches de lʼangélus percent la brume automnale.
Je colle mon visage au carreau.
Le froid réveille ma joue dans la torpeur du petit matin.
Au fil de mes respirations, mon souffle blanchit le verre, lʼopacifie.
Le temps se fige, résonance du métal.
La buée sʼest emparée de la vitre.
Dʼun revers de manche, je lʼefface, recommence, trace du doigt dʼétranges méandres.
Me voici calligraphe.
Le jeu pourrait se prolonger à lʼinfini.
Fascination pour cet invisible qui prend forme sous mes yeux, au gré de mes exhalations,
de cette mince frontière qui me sépare du jardin ; ardoise magique, thermique.

Dehors, la cathédrale de givre miroite, majestueuse, scintille au gré des accents dʼune
sonnerie de cloches à la volée.
Les cloches se sont tues maintenant.
Leurs mélopées aussi sont invisibles.
Quel zéphir pourrait leur faire prendre corps ?
Je gonfle mes poumons.
Des volutes de notes prennent vie et disparaissent
Me voici compositeur.

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